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Âme musulmane, cœur gay - ou comment être gay et musulman en Occident au début du XXIème siècle


Lia Darjes / Picturetank

Homosexualité et islam sont-ils irréconciliables ? Prenant cette question comme point de départ, je présente ici des hommes et des femmes qui se définissent à la fois en tant que gays/queers/trans et musulmans. Je les ai rencontrés dans différentes parties du monde occidental - en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, au Canada et aux États-Unis - où ils commencent à former un mouvement, plus ou moins affectés dans leur vie personnelle par l’incompatibilité présumée de leur orientation sexuelle et de leur désir d’appartenance religieuse.

Sur la question de l’homosexualité, c’est l’histoire de Sodome et Gomorrhe qui sert habituellement de référence dans le Coran comme dans la Bible : deux anges ayant pris forme humaine sont envoyés par Dieu à Lot qui leur offre l’hospitalité. Les habitants de Sodome, se rassemblant devant la maison de Lot, exigent qu’il leur livre ses hôtes "afin qu’ils puissent les connaître", dans le sens biblique, sexuel, du terme. Lot refusant, la situation s’envenime au point que les anges détruisent les deux villes et frappent leurs habitants de cécité tout en épargnant Lot et sa famille. Dans l’exégèse traditionnelle, la sévérité du châtiment est directement liée à l’exigence d’actes homosexuels, mais des tentatives plus modernes d’exégèse coranique mettent en avant le thème du viol et de l’abus sexuel. Selon Tomas Bauer, chercheur en études islamiques, il n’y a "nulle trace d’homophobie" dans l’histoire du monde arabo-islamique avant le début du XIXème siècle. L’idée communément admise est qu’un homme mûr peut aussi bien tomber amoureux d’une jeune fille que d’un jeune garçon. La littérature arabe en est d’ailleurs le reflet : depuis le IXème siècle, les grands poètes parlent autant d’hommes que de femmes. L’idée que "les homosexuels" constituent un sous-groupe social n’a pas cours, l’orientation sexuelle n’étant "pas tant considérée comme une part de l’identité individuelle que comme une question de goût". Selon Tomas Bauer, la lutte contre cette "sexualité déviante" n’a commencé qu’avec la colonisation au XIXème siècle, du fait de l’influence croissante de l’Europe dans les pays arabes. Ce n’est qu’en 1976 qu’un homosexuel a été jugé et condamné pour la première fois devant un tribunal pénal dans un État islamique. Aujourd’hui, la peine de mort peut être appliquée pour actes homosexuels dans sept pays musulmans.

Dans ce travail, j’invite à réfléchir sur les stéréotypes en présentant ce mouvement gay/musulman avec son interprétation moderne, non conventionnelle, du Coran. La religion musulmane apparaît sous un jour coloré, le groupe rassemblant des personnes très différentes : des gays nés dans des familles musulmanes en quête d’un lieu de prière qui leur soit consacré ; des convertis, qui ont trouvé dans l’islam une forme de paix spirituelle ; des musulmans qui n’ont plus la foi mais qui cherchent toujours à échanger avec d’autres musulmans ; des imams qui se définissent comme féministes ; des trans qui secouent les clichés traditionnels dans la répartition des rôles.


 

Lia Darjes / Picturetank DARL0612367

Moment de détente dans un groupe gay/musulman à Los Angeles.

Los Angeles, Californie, États-unis - 30/08/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612513

Les musulmans gays doivent apprendre à s’émanciper de la répartition traditionnelle des rôles.

Londres, Royaume-uni - 29/09/2013

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612379

Omar, Los Angeles.

Los Angeles, Californie, États-unis - 23/08/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612421

Anonyme.

Paris, France - 29/09/2013

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612378

Jorys : « Je ne crois pas à l’existence d’une seule et unique vérité. Je ne suis pas là pour qualifier de “hallal” ce qui est autorisé et de “haram” ce qui est défendu, mais pour enseigner la tolérance et le respect de ceux qui sont différents. Je ne veux pas faire partie de ceux qui disent que l’homosexualité est bonne ou mauvaise, autorisée ou défendue, mais seulement faire comprendre aux gens qu’elle existe et qu’il est important de respecter les gens tels qu’ils sont, avec leurs différences, et de tolérer ceux qui ne sont pas comme nous, même s’ils ne sont pas en accord avec notre vision des choses. — Dieu est le seul juge ! »

Paris, France - 01/10/2013

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612467

Appel à la prière dans un parc londonien à l’occasion de l’aïd.

Londres, Grand Londres, Royaume-uni - 17/07/2015

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612469

Sahil, Londres : « Je ne me reconnais pas dans une identité sexuelle figée, même si je conçois que beaucoup de gens attribuent un sens à cela. C’est peut-être un point de vue peu répandu, mais il me vient de mon expérience : je refuse catégoriquement de me considérer comme une “simple” minorité ethnique, religieuse ou sexuelle. La sexualité n’est qu’une facette de mon identité, et son importance varie selon le contexte. Par exemple, lorsque je prie (seul ou en groupe), je suis avant tout une personne pratiquant la prière, engagée dans une quête spirituelle, désirant être réunie à Dieu. Pour moi, un point de vue qui ignorerait tous les problèmes particuliers, toutes nos difficultés, tous nos combats et tous les compromis que nous devons faire dans la vie de tous les jours est en fin de compte déshumanisant. Personne ne vit sa vie en noir et blanc, pas même les musulmans. »

Londres, Royaume-uni - 17/07/2015

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612423

Orazio Gentileschi, « Lot et ses filles », au Getty Museum de Los Angeles.

Los Angeles, Californie, États-unis - 14/08/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612382

Troy, Toronto : « Je m’appelle Troy Jackson, 45 ans, homosexuel converti à l’islam. Je suis l’un des co-fondateurs du cercle El-Tawhid Juma, basé à Toronto. Ensemble, nous avons contribué à la fondation de cercles similaires en Amérique du Nord et dans le reste du monde. Nos mosquées sont basées sur l’égalité des sexes, tout le monde peut aller partout, y compris les LGBT. Personne ne doit être seulement toléré, chacun doit être respecté, célébré en tant que personne à part entière. Quand ils engagent le dialogue avec nous, les gens comprennent que nous sommes des voisins comme les autres à part qu’on est gays, musulmans, trans ou je ne sais quoi encore. — Je ne me suis pas converti pour mon mari même s’il y a été pour beaucoup. J’ai toujours été très porté sur la spiritualité. Quand on me demandait si j’étais musulman, je répondais : “J’ai la foi”. En tant que converti, je n’ai pas l’héritage culturel islamique. Mon héritage me vient de mes origines canadiennes. J’ai grandi dans une famille très matriarcale où l’égalité des sexes était un fait : le problème aurait été de s’y opposer. J’ai apporté cette expérience dans mon islam. Je pense qu’on a toujours une relation personnelle à la religion. — Me convertir à l’islam en tant qu’homosexuel n’a pas été un gros problème pour moi, qui vivais déjà dans une communauté très mélangée avec des musulmans gays et trans, hommes et femmes, toutes sortes de gens à l’esprit ouvert, au caractère affirmé. »

Toronto, Canada - 03/08/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612372

Sara, New York : « Je m’appelle Sara et j’ai 29 ans. Je vis à New York où je suis artiste et auteur. J’ai grandi dans une famille multi-ethnique. — L’un des credo de l’islam est qu’Allah a créé l’humanité la meilleure qui soit. J’entends souvent les gens dire qu’il faut réconcilier homosexualité et islam. Pour moi, ça n’a jamais été une question de réconciliation. Je trouve que mes deux identités d’homosexuelle et de musulmane se complètent et que je peux montrer le meilleur de moi-même tout en respectant qui je suis à 100% . Je célèbre autant mon homosexualité que mon appartenance à l’islam. — Pour moi, ça n’a jamais été un problème d’être homosexuelle dans une communauté musulmane. Beaucoup de gens se représentent la communauté musulmane comme une masse bien unie, mais ce n’est pas le cas. Chacun crée sa propre communauté. Les deux autres milliards de musulmans qui existent, je ne les connais pas, je connais seulement ceux que je fréquente quotidiennement dans ma communauté, qui m’aiment telle que je suis et qui sont là pour moi. Pour moi, le problème, c’est plutôt cette islamophobie à laquelle je suis confrontée dans certains lieux gays où les gens croient parfois qu’il n’est pas possible d’être à la fois homosexuelle et musulmane. Je dois leur montrer que mon existence, comme celle de bien d’autres personnes que je connais et qui sont dans mon cas, prouve le contraire. Je ne me suis jamais sentie limitée par l’islam, qui m’a toujours donné de la force. Le coming out musulman est plus délicat que le coming out gay. Beaucoup de gens ont des préjugés très forts sur les femmes musulmanes, leur apparence, leur comportement. Et quand je leur dis l’importance que j’accorde à l’islam, ils sont souvent perplexes. — Entre autres choses, l’islam prêche qu’il est du devoir de chaque musulman de chercher la connaissance, de chercher la vérité ; c’est ce qui rend si forte mon expérience de femme musulmane : elle m’aide à entrer en possession de ma propre vérité, de mon propre

New York, États-unis - 22/07/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612385

Samira, Toronto : « Je viens d’un pays où l’homosexualité est passible de la peine de mort. En 1979, au début de la révolution islamique, ma famille a immigré au Canada, où j’ai grandi dans un univers plutôt laïque ; c’est peut-être pour ça que je n’ai pas vraiment fait de coming-out auprès de mes parents, je crois qu’ils ont toujours su que j’étais lesbienne. Après le 11-Septembre, je suis devenue musulmane du jour au lendemain ; je n’avais rien changé à ma façon de vivre, mais les gens me voyaient différemment. Il leur suffisait de voir mon nom pour changer d’attitude vis-à-vis de moi. Pourquoi ne veut-on pas comprendre que l’islam prend des visages très différents selon les pays et les traditions ? Pourquoi veut-on bien le concevoir pour le christianisme et le judaïsme, mais pas pour l’islam ? »

Toronto, Canada - 04/08/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612371

Daayie, Washington DC : « En tant qu’imam ouvert et homosexuel, je comprends les souffrances des gays musulmans. Quand je me suis converti à l’islam il y a 34 ans, je ne parlais pas encore l’arabe. Je faisais mes études à l’université de Pékin et c’est en chinois que j’ai commencé à lire le Coran. Ce fut une bénédiction. C’est en approfondissant ma connaissance de l’islam au Moyen-Orient et en Occident que j’ai compris à quel point l’islam est tout sauf une religion monolithique. Ce n’est pas uniquement une religion ou une croyance, c’est aussi un projet de vie qui dépend de la culture environnante. À partir du moment où Allah démontre que la création est un lieu d’une grande diversité, la question devient : la respectons-nous ? »

Washington, Virginie, États-unis - 18/07/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612373

Dans l’esprit de nombreux musulmans progressistes, le Coran ne dit pas clairement que l’homosexualité soit un péché.

Toronto, Canada - 03/08/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612375

Jason, Los Angeles : « Il y a deux ans, quand je me suis converti à l’islam, je ne me suis pas posé la question de l’homosexualité. Je venais de prendre conscience de mon envie de devenir musulman. Et en tant que jeune musulman, je souhaitais uniquement me connecter à Dieu, me rapprocher de lui. Un mois plus tard, j’ai cherché à savoir ce que le Coran et l’islam disaient de l’homosexualité. Je n’y avais pas songé avant tant j’étais excité à l’idée de devenir une personne spirituelle, de croire en Dieu, d’apprendre à prier, à lire et à déchiffrer l’arabe, ce genre de choses. Ce n’est que deux semaines plus tard que j’ai cherché des sourates et ce genre de textes en ligne. Et tout était très négatif, vraiment très négatif. Ça m’a perturbé. En novembre, quand mon ex est venu me voir à Miami, je me posais plein de questions. On a couché ensemble et j’ai eu tellement de regrets. Même si l’islam tolérait l’homosexualité, on n’était pas mariés ! Pas de rapports sexuels en-dehors du mariage. Dans toutes les religions, on se marie d’abord, ensuite on peut avoir des rapports sexuels. Homosexuel, pas marié, j’avais péché à double titre. J’ai grandi à Miami, en Floride, dans une famille chrétienne. Mes parents n’étaient pas très pratiquants mais ils m’ont quand même transmis leurs croyances. Ils allaient aussi à l’église. Quand j’ai fait mon coming-out à l’âge de 16 ans, le machisme des Latinos a posé problème… L’homme a ce rôle-ci, la femme, ce rôle-là ; mais moi, je suis homosexuel : il y a quelque chose qui ne va pas ! Ma mère a versé quelques larmes à l’idée qu’elle n’aurait pas de petits-enfants. »

Los Angeles, Californie, États-unis - 24/08/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612424

Tous les vendredis, cette simple pièce dans un espace associatif non religieux de Toronto se transforme en « mosquée ouverte » pour la prière.

Toronto, Canada - 01/08/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612515

Shahbaz, Los Angeles : « Quand on arrive dans un pays comme les États-Unis en faisant partie d’une minorité, la vie n’est pas facile. Qu’on soit gay, noir, hispano ou arabe, ça ne change pas grand-chose, mais c’est pour les musulmans que c’est le plus dur. Gay et musulman, ça fait double peine… Ça fait 30 ans que je vis aux États-Unis et je me heurte toujours à des ignorants. Ils sont butés sur leur idée, ils n’ont pas un esprit ouvert, ils donnent tort à tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Si Dieu avait voulu que tout le monde soit pareil, il aurait fait tout le monde pareil. Mais s'il a rendu chaque individu unique, c’est pour que chacun puisse faire profiter tout le monde de son talent. Pour moi, la base de l’islam, c’est un idéal de paix mais malheureusement, il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas cela. Dans tout le Coran, il n’y a qu’un passage sur l’homosexualité, mais on en trouve plein d’autres où il est dit qu’il ne faut pas mentir, qu’il ne faut pas tromper, qu’il ne faut pas riposter ni blesser quiconque. Ceux-là, tout le monde les oublie pour ne retenir que le premier. Je trouve ça vraiment hypocrite. J’espère qu’un jour, les gens finiront par accepter les gays musulmans. Les traditionalistes s’y opposent, mais il y a aussi des musulmans progressistes qui pensent que Dieu est le juge ultime et que les gens doivent éviter de se juger les uns les autres. »

Los Angeles, Californie, États-unis - 18/08/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612468

À Londres, après une prière ouverte dans un parc à l’occasion de l’aïd, un couple de lesbiennes s’embrasse.

Londres, Grand Londres, Royaume-uni - 17/07/2015

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612376

Saadiya, Toronto : « Je viens de Zanzibar, en Tanzanie. Vers neuf ans, je suis allée vivre chez ma tante pour faire mes études en Angleterre ; si j’étais restée en Afrique, je n’aurais pas eu les mêmes opportunités. Dans un pays musulman, où les hommes imposent leurs décisions, une jeune fille a du mal à faire carrière. C’est ça que mes parents ont préféré m’envoyer à Londres. Je suis rentrée en Afrique à l’âge de 16 ans. Ça fait aujourd’hui 8 ans que je me suis installée au Canada, et environ 3 ans que j’ai fait mon coming-out. Avant, même si j’avais plus ou moins compris que j’étais lesbienne, je n’étais pas à l’aise. Je venais d’une famille très religieuse, très homophobe, c’est pour ça que j’étais restée dans le placard. J’avais commencé à comprendre dans l’adolescence, mais des gens invités par mon école étaient venus nous dire que ce n’est pas un mal d’avoir des sentiments pour quelqu’un du même sexe, c’est un phénomène hormonal, tant qu’on ne fait rien de ces sentiments et qu’ils sont condamnés à disparaître. Après, je suis restée longtemps dans le déni. Je ne m’attachais pas aux hommes, mais je me disais que c’était normal et que tout le monde passait par là. Jusqu’au jour où je me suis sentie attirée par une femme avec qui j’ai eu une relation. Elle n’était pas musulmane. Ça posait un peu problème. Je ne pouvais pas parler d’elle. Elle devait croire que j’avais honte d’elle. Mais ce n’était pas le cas. J’ai commencé à faire mon coming-out, une chose vraiment très difficile, mais j’ai compris que pour les gens aussi, c’était un coming-out. Quand ils nous aiment vraiment, ils restent à nos côtés. C’est à ce moment-là qu’on voit qui sont nos vrais amis. Une de mes meilleures amies,que je connaissais depuis peut-être une demi-douzaine d’années, m’a dit : “Tu sais que tu vas finir en enfer ?” Elle n’a pas accepté. Mais je me suis trouvé de nouveaux amis. »

Toronto, Ontario, Canada - 28/07/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612512

Un arbre de photos : la famille et les amis de Ludovic.

Paris, France - 25/03/2013

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612377

Ludovic, Paris : « En 2012, comme je n’ai pas trouvé un seul imam en France acceptant d’enterrer une musulmane transsexuelle, j’ai fondé une mosquée ouverte à tous à Paris. Il y a eu des réactions très virulentes mais aussi beaucoup d'encouragements. Être à la croisée de plusieurs minorités, à la fois gay, arabe et musulman, m’a ouvert les yeux sur les discriminations dont celles-ci font les frais, surtout en période de crise économique. Il faut approfondir notre connaissance de l’islam et comprendre qui nous sommes vraiment si nous voulons combattre l’homophobie. »

Paris, Île-de-France, France - 25/03/2013

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612425

Les poissons de Shabaaz : s’ils étaient placés dans un seul aquarium, ils s’entredévoreraient.

Los Angeles, Californie, États-unis - 18/08/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612426

El-Farouk et son mari Troy, à Toronto.

Toronto, Ontario, Canada - 04/08/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612380

Joey, Los Angeles : « J’étais un athée pur et dur, jusqu’au jour où j’ai entendu parler de “The Taqwacoree”, le roman de Michael Muhammad Knight sur un mouvement punk musulman, fictif mais qui est devenu plus ou moins une réalité suite à la publication. Je me le suis acheté, je l’ai lu en deux jours, et ça m’a ouvert les yeux sur la religion. Comme j’avais un ami musulman converti dans un de mes réseaux, je lui ai posé plein de questions. J’ai fait des tas de recherches sur la communauté LGBT dans les pays musulmans. J’ai lu beaucoup d’articles et de témoignages. Et d’une certaine façon, je ne m’étais pas trompé en mettant sur le même plan islam et communauté LGBT. Car si, à première vue, le Coran et les Hadiths n’ont pas l’air très positifs sur le sujet, quand on lit d’autres sources, d’autres vers du Coran, d’autres Hadiths, il devient clair que tout est question d’interprétation. Puis j’ai croisé le chemin de musulmans LGBT sur Internet et, correspondant avec certains d’entre eux, je me suis familiarisé avec leurs idées et j’ai eu un déclic, presque comme avec un interrupteur : quand il était éteint, la foi n’était pas là ; mais quand l’interrupteur s’est allumé, tout est devenu clair. Comment avais-je donc pu avoir des doutes ? C’est comme ça que je me suis converti. Mais je continue à me poser des questions. Quand on est gay, on ne peut pas changer, même si on sait que tout serait plus facile si on ne l’était pas. On n’a pas le choix. Puis on apprend à l’accepter, à se l’approprier, presque à en être fier. C’est un chemin énorme. En tant que musulman, j’ai le sentiment que c’est un fait, que c’est ainsi que j’ai été créé. Qu’il n’y a rien à y faire. Que mes frères et mes sœurs ont tort de me dire que je suis une abomination ou que je n’ai pas le droit. Parce que c’est dans ma nature, c’est ainsi qu’Allah m’a créé. Or personne ne peut mesurer sa grandeur. Malgré tout, il y a toujours une petite voix au fond de moi qui me dit : “Je suis haram !” »

Los Angeles, Californie, États-unis - 15/08/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612427

Une vieille photo de Victoria, à Toronto. Convertie à un islam très conservateur, Victoria s’est mariée et c’est après la naissance de son enfant qu’elle s’est découverte lesbienne. Née au Texas, elle n’avait jamais vu d’homosexuels avant de s’installer au Canada. Aujourd’hui, elle ne se cache plus. Elle vit avec sa fille à Toronto où elle pratique une forme très ouverte, très libérale de l’islam.

Toronto, Ontario, Canada - 03/08/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612368

Shahbaz, Los Angeles : « Quand on arrive dans un pays comme les États-Unis en faisant partie d’une minorité, la vie n’est pas facile. Qu’on soit gay, noir, hispano ou arabe, ça ne change pas grand-chose, mais c’est pour les musulmans que c’est le plus dur. Gay et musulman, ça fait double peine… Ça fait 30 ans que je vis aux États-Unis et je me heurte toujours à des ignorants. Ils sont butés sur leur idée, ils n’ont pas un esprit ouvert, ils donnent tort à tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Si Dieu avait voulu que tout le monde soit pareil, il aurait fait tout le monde pareil. Mais s’il a rendu chaque individu unique, c’est pour que chacun puisse faire profiter tout le monde de son talent. Pour moi, la base de l’islam, c’est un idéal de paix mais malheureusement, il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas cela. Dans tout le Coran, il n’y a qu’un passage sur l’homosexualité, mais on en trouve plein d’autres où il est dit qu’il ne faut pas mentir, qu’il ne faut pas tromper, qu’il ne faut pas riposter ni blesser quiconque. Ceux-là, tout le monde les oublie pour ne retenir que le premier. Je trouve ça vraiment hypocrite. J’espère qu’un jour, les gens finiront par accepter les gays musulmans. Les traditionalistes s’y opposent, mais il y a aussi des musulmans progressistes qui pensent que Dieu est le juge ultime et que les gens doivent éviter de se juger les uns les autres. »

Los Angeles, Californie, États-unis - 18/08/2014

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Lia Darjes / Picturetank DARL0612428

Cherine, Los Angeles : « Je m’appelle Cherine Khalifa. Je suis une femme transsexuelle et transgenre. Je vais avoir 38 ans dans un mois. J’ai grandi aux Etats-Unis dans une famille d’origine égyptienne. — Culturellement, je me définis comme une musulmane mais je n’ai plus la foi, même si j’ai toujours le sentiment d’appartenir à la communauté musulmane. Je fréquente des lieux, des groupes musulmans à tendance progressiste, non traditionnels, qui combattent le patriarcat et le sexisme du monde musulman. Tout en ayant renoncé à la foi, j’éprouve le besoin de fréquenter des gens qui ont grandi dans la religion. C’est l’une des raisons profondes de nos liens. — Pourquoi n’ai-je plus la foi ? Ayant grandi aux Etats-Unis, j’ai l’impression qu’en tant que musulmane, je serais considérée comme une conservatrice, ce que je ne suis pas. Je ne souhaite pas non plus être considérée comme telle. Je crois que c’est pour cette raison que je me suis éloignée de la religion. Je me suis révoltée contre l’idée de foi parce que quand je regarde autour de moi, quand je vois les actualités avec tous ces gens qui se disent musulmans mais qui font le mal autour d’eux, comme avec les 11-Septembre ou à Paris. Quand je les vois, je ne veux pas être associée avec des gens qui font des choses pareilles. — Mon statut de transgenre n’y est pour rien. Je veux être un modèle. Je sais qu’il y a des hommes et des femmes transgenres qui ont du mal à faire leur transition dans les pays de majorité musulmane, où la liberté d’expression dans ce domaine est bien en-deçà des États-Unis. Je ne dirai pas que les Etats-Unis sont tout à fait enthousiastes, mais c’est sans doute plus difficile en Egypte, par exemple. — Si un adolescent transgenre, croyant, me demandait conseil, je lui dirais que croire en Dieu ou pas est un choix personnel. Je ne lui dirais pas forcément que je n’ai plus la foi, car s’il veut croire en Dieu, je n’ai rien à redire à ça. »

Los Angeles, Californie, États-unis - 13/08/2014

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Au “gay village” de Toronto, 2014.

Toronto, Canada - 03/08/2014

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Hassan, Paris. Il se considère comme « plus ou moins musulman ». Il ne croit plus en Dieu mais je l’ai quand même rencontré à une « prière ouverte ».

Paris, France - 28/09/2013

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Amin, Los Angeles : « Ma famille est plutôt laïque. Je ne sais plus si mon père priait mais quand j’ai fait mon coming-out, sa première réaction a été de me suggérer de le faire davantage. Ironiquement, ma mère est plus croyante, mais elle a bien mieux accepté mon coming-out. — J’ai du mal à faire confiance aux institutions et aux communautés. Quand on se fait à l’idée qu’on est gay et que la religion ou l’interprétation qu’on en fait nous dit qu’on est dans le péché, on s’aperçoit qu’il y a quelque chose qui cloche. Pourquoi un Dieu bienveillant — omniscient — créerait-il des hommes comme ça pour ensuite les traiter sans compassion ou nier leur existence ? Il y a quelque chose qui ne va pas. À cause de ça, comme à cause de mon expérience de comédien, je sais que chacun voit le monde différemment. C’est pour ça que j'ai du mal à souscrire à l’idée d’une grande communauté de personnes partageant une même conception des choses. Je ne pense pas qu’une homogénéité de ce genre puisse être saine. — Je ne suis pas assez cynique pour croire que les êtres humains n’ont pas un principe inné du bien et du mal. Je ne crois pas que sans religion, les meurtres et les viols seraient monnaie courante tandis que la gentillesse n’existerait pas. Certaines personnes sont abominables, mais je n'en crois pas moins que la bonté est inhérente à l’homme. Ce n’est pas parce que j’ai grandi dans l’islam que je traite les gens avec respect. Honnêtement, tout ce que je retiens de mon éducation musulmane, c’est ça : Tiens, voilà une règle arbitraire ; ces gens-là, ne les fréquente pas ; ce charabia, il va falloir que tu l’apprennes pas cœur ; maintenant, tu ne vas plus manger pendant un mois ; et si tu fais ces rituels bizarres, tu finiras dans un jardin spécial. — Je me sens comme à un carrefour, car je lutte à la fois contre l'homophobie et l'islamophobie, sans pour autant me sentir appartenir à aucune des deux communautés. J'espère que vous n'allez pas me dire que je suis dans le déni… »

Los Angeles, Californie, États-unis - 21/08/2014

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Le ciel vire au mauve après une réunion du groupe gay/musulman à Los Angeles, en 2014.

Los Angeles, Californie, États-unis - 24/08/2014

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Prière ouverte dans un parc londonien à l’occasion de l’aïd.

Londres, Grand Londres, Royaume-uni - 17/07/2015

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Shahbaz, Los Angeles : « Quand on arrive dans un pays comme les Etats-Unis en faisant partie d’une minorité, la vie n’est pas facile. Qu’on soit gay, noir, hispano ou arabe, ça ne change pas grand-chose, mais c’est pour les musulmans que c’est le plus dur. Gay et musulman, ça fait double peine… Ça fait 30 ans que je vis aux Etats-Unis et je me heurte toujours à des ignorants. Ils sont butés sur leur idée, ils n’ont pas un esprit ouvert, ils donnent tort à tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Si Dieu avait voulu que tout le monde soit pareil, il aurait fait tout le monde pareil. Mais s’il a rendu chaque individu unique, c’est pour que chacun puisse faire profiter tout le monde de son talent. Pour moi, la base de l’islam, c’est un idéal de paix mais malheureusement, il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas cela. Dans tout le Coran, il n’y a qu’un passage sur l’homosexualité, mais on en trouve plein d’autres où il est dit qu’il ne faut pas mentir, qu’il ne faut pas tromper, qu’il ne faut pas riposter ni blesser quiconque. Ceux-là, tout le monde les oublie pour ne retenir que le premier. Je trouve ça vraiment hypocrite. J’espère qu’un jour, les gens finiront par accepter les gays musulmans. Les traditionalistes s’y opposent, mais il y a aussi des musulmans progressistes qui pensent que Dieu est le juge ultime et que les gens doivent éviter de se juger les uns les autres. »

Los Angeles, Californie, États-unis - 18/08/2014

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Shahbaz, Los Angeles : « Quand on arrive dans un pays comme les Etats-Unis en faisant partie d’une minorité, la vie n’est pas facile. Qu’on soit gay, noir, hispano ou arabe, ça ne change pas grand-chose, mais c’est pour les musulmans que c’est le plus dur. Gay et musulman, ça fait double peine… Ça fait 30 ans que je vis aux Etats-Unis et je me heurte toujours à des ignorants. Ils sont butés sur leur idée, ils n’ont pas un esprit ouvert, ils donnent tort à tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Si Dieu avait voulu que tout le monde soit pareil, il aurait fait tout le monde pareil. Mais s’il a rendu chaque individu unique, c’est pour que chacun puisse faire profiter tout le monde de son talent. Pour moi, la base de l’islam, c’est un idéal de paix mais malheureusement, il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas cela. Dans tout le Coran, il n’y a qu’un passage sur l’homosexualité, mais on en trouve plein d’autres où il est dit qu’il ne faut pas mentir, qu’il ne faut pas tromper, qu’il ne faut pas riposter ni blesser quiconque. Ceux-là, tout le monde les oublie pour ne retenir que le premier. Je trouve ça vraiment hypocrite. J’espère qu’un jour, les gens finiront par accepter les gays musulmans. Les traditionalistes s’y opposent, mais il y a aussi des musulmans progressistes qui pensent que Dieu est le juge ultime et que les gens doivent éviter de se juger les uns les autres. »

Los Angeles, Californie, États-unis - 18/08/2014

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Une boîte destinée à recevoir les dons pour le groupe gay/musulman de Los Angeles.

Los Angeles, Californie, États-unis - 30/08/2014

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Ismail, converti à l’islam, à Berlin.

Berlin, Allemagne - 13/06/2014

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Le chat de Ramy sur son tapis de prière.

Los Angeles, Californie, États-unis - 14/08/2014

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El Farouk, Toronto : « En 2009, mon mari Troy, Dr. Silvers et moi, nous avons fondé ensemble l’association Juma dans l’idée d’en faire un espace de prière égalitaire, où tout le monde puisse prêcher, appeler à la prière ou même mener la prière. Un lieu musulman, pour accueillir tous ceux qui se définissent comme musulmans, quelle que soit leur sensibilité, comme aussi les non-musulmans, qu’ils viennent dans un esprit de collaboration, de prospection ou autre, du moment qu’ils ne viennent pas dans un esprit mauvais. La plupart de nos visiteurs sont des gens qui ne pourraient pas s’exprimer dans d’autres communautés musulmanes. Il me paraît important de créer un lieu où tout le monde puisse s’exprimer. Cette initiative était très subversive car elle restituait quelque chose qui — activement ou passivement — avait été ôté à beaucoup d’entre nous. Les gens ne parlent pas souvent de violence spirituelle. Or la violence spirituelle est à mon avis une réalité pour toute une partie de la population. La religion sert d’instrument pour dire aux femmes qu’elles ne sont peut-être pas tout à fait égales aux hommes, ou qu’elles ont leurs limites, ou bien pour dire aux gens qu’ils sont dans le péché. Quand vous êtes gay et que vous grandissez dans une famille juive, chrétienne ou musulmane conquise à ce genre d’interprétation, la violence spirituelle consiste à vous bourrer le crâne de l’idée que vous avez un défaut terrible, irrémédiable. C’est pourquoi les gays finissent souvent par perdre la foi, par s’éloigner de la religion ou par entretenir des relations très malsaines avec elle. Je suis aujourd’hui à un stade plutôt heureux de mon parcours, mais le chemin n’a pas toujours été facile. Mon idée au départ était que c’est pécher que d’être gay et que tous ceux qui se livrent à des actes homosexuels ont, au mieux, un problème. Mais je sentais que l'économie globale du Coran disait autre chose. »

Toronto, Canada - 03/08/2014

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Joey, Los Angeles : « J’étais un athée pur et dur, jusqu’au jour où j’ai entendu parler du roman de Michael Muhammad Knight sur un mouvement punk musulman, fictif mais qui est devenu plus ou moins une réalité suite à la publication. Je me suis acheté “The Taqwacores”, je l’ai lu en deux jours, et ça m’a ouvert les yeux sur la religion. Comme j’avais un ami musulman converti dans un de mes réseaux, je lui ai posé plein de questions sur ses rapports avec la religion. J’ai fait des tas de recherches sur la communauté LGBT dans les pays musulmans. J’ai lu beaucoup d’articles, beaucoup de témoignages. Et d’une certaine façon, je ne m’étais pas trompé en mettant la communauté LGBT et l’islam sur le même plan. Car si, à première vue, le Coran et les Hadiths n’ont pas l’air très positifs sur le sujet, quand on lit d’autres sources, d’autres vers du Coran, d’autres Hadiths, il devient clair que tout est question d’interprétation. Puis j’ai croisé le chemin de musulmans LGBT sur Internet et, correspondant avec certains d’entre eux, je me suis familiarisé avec leurs idées et j’ai eu un déclic, presque comme avec un interrupteur : quand il était éteint, la foi n’était pas là ; mais quand l’interrupteur s’est allumé, tout est devenu clair. Comment avais-je donc pu avoir des doutes ? C’est comme ça que je me suis converti. Mais je continue quand même à me poser des questions. Quand on est gay, on ne peut pas changer même en faisant tout ce qu’on peut, même en sachant que tout serait plus facile si on ne l’était pas. On n’a pas le choix. Puis on apprend à l’accepter, à se l’approprier, presque à en être fier. C’est un chemin énorme. En tant que musulman, j’ai le sentiment que c’est un fait, que c’est ainsi que j’ai été créé. Qu’il n’y a rien à y faire. Que mes frères et mes sœurs ont tort de me dire que je suis une abomination ou que je n’ai pas le droit. Parce que c’est dans ma nature, c’est ainsi qu’Allah m’a créé. »

Los Angeles, Californie, États-unis - 15/08/2014

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El-Farouk et son mari Troy dans leur chambre, le jour de l'aïd.

Toronto, Ontario, Canada - 28/07/2014

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Shahbaz, Los Angeles : « Quand on arrive dans un pays comme les États-Unis en faisant partie d’une minorité, la vie n’est pas facile. Qu’on soit gay, noir, hispano ou arabe, ça ne change pas grand-chose, mais c’est pour les musulmans que c’est le plus dur. Gay et musulman, ça fait double peine… Ça fait 30 ans que je vis aux États-Unis et je me heurte toujours à des ignorants. Ils sont butés sur leur idée, ils n’ont pas un esprit ouvert, ils donnent tort à tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Si Dieu avait voulu que tout le monde soit pareil, il aurait fait tout le monde pareil. Mais s’il a rendu chaque individu unique, c’est pour que chacun puisse faire profiter tout le monde de son talent. Pour moi, la base de l’islam, c’est un idéal de paix mais malheureusement, il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas cela. Dans tout le Coran, il n’y a qu’un passage sur l’homosexualité, mais on en trouve plein d’autres où il est dit qu’il ne faut pas mentir, qu’il ne faut pas tromper, qu’il ne faut pas riposter ni blesser quiconque. Ceux-là, tout le monde les oublie pour ne retenir que le premier. Je trouve ça vraiment hypocrite. J’espère qu’un jour, les gens finiront par accepter les gays musulmans. Les traditionalistes s’y opposent, mais il y a aussi des musulmans progressistes qui pensent que Dieu est le juge ultime et que les gens doivent éviter de se juger les uns les autres. »

Los Angeles, Californie, États-unis - 18/08/2014

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