French English Retour Retour

Intimités temporaires


Bruno Fert /MSF France

Je suis parti à la rencontre des populations migrantes qui franchissent la Méditerranée pour arriver en Europe. J'ai choisi de photographier les intérieurs des abris qu'ils se sont aménagés, le temps d'une étape, au sein des camps ou des « jungles » en France et en Grèce. Montre moi où tu habites, je te dirai qui tu es. Notre intérieur nous protège mais c’est aussi le lieu de notre intimité: notre «chez nous». Il montre ce que nous avons et ce que nous sommes. Ainsi notre intérieur nous définit et son contenu reflète notre identité comme nos aspirations. J’ai donc choisi de parler des migrants en montrant leurs habitations : ces abris, bien que provisoires, reflètent leur singularité. Ils racontent leur vie à un moment difficile et important de leur parcours. Ce qui m’intéresse c’est la façon dont ces hommes et ces femmes reconstituent un foyer avec les quelques objets qu'ils possèdent: ceux qu’ils gardent tout au long de leur voyage en souvenir de leur vie passée, d'autres qu’ils fabriquent ou achètent pour améliorer leur quotidien, transformer leur refuge et éloigner leur détresse.


 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626899

Altaher, 29 ans, originaire de Sinar au Soudan. Son voyage jusqu’à la Jungle de Calais a duré un an et demi. Aujourd'hui, Altaher a renoncé à tenter de rejoindre l’Angleterre ; il estime que c'est trop compliqué de passer. Des amis lui ont parlé de Nantes et d’Angers. Il aimerait s'y installer et travailler comme ouvrier dans la construction. C'est Abdallah, son colocataire et compatriote qui a décoré leur refuge. Lui non plus ne tente plus de traverser la Manche depuis longtemps. Où veut-il aller ? Il ne sait plus. Jour et nuit Abdallah peint, repeint et embellit leur cabane de façon presque mystique.

Calais, France - 15/05/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626902

Calais, France

Calais, France - 15/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626872

Hadya, 27 ans, Hssan, 3 ans, Xudeda, 27 ans, Hssen, 7 ans et Hiba 8 ans. « Ce que nous avons vu, nous ne souhaitons à personne de le voir » me dit Xudela qui a fui avec sa famille la région du Sinjar juste avant les massacres perpétrés par Daesh sur les populations ezedi dans le nord de l'Irak. Hadya, Xudela et leurs trois enfants se sont cachés toute une nuit dans une forêt pour passer au petit matin sur le territoire Kurde. Hiba pleure car certain de ses camarades de classe sont morts. D'autres sont en Allemagne où éparpillés dans d'autres camps. La petite fille enrage de rester bloquée dans ce camp de tentes sans savoir de quoi son avenir sera fait.

Katsikas, Grèce - 28/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626875

Katsikas, Grèce.

Katsikas, Grèce - 08/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626860

Awesome, 43 ans, originaire du Pakistan. Il est le patron du plus beau restaurant de la Jungle de Calais, « Les Trois Idiots », où se retrouvent aux côtés des habitants du camp, de nombreux volontaires étrangers. Awesome aime accueillir les Européens dans son établissement : un petit mot pour chacun puis un selfie souvenir qu'il punaisera sur le mur. Son anglais est impeccable. Il était guide touristique à Peshawar au Pakistan jusqu’à ce que les touristes commencent à se faire rare, et que les menaces à l’encontre de ceux qui les fréquentent deviennent plus sérieuses. Awesome a préféré quitter le Pakistan. Après un an et demi de voyage, il ne souhaite désormais plus rejoindre la Grande Bretagne, et rêve plutôt d'ouvrir un nouvel établissement « Les Trois Idiots » à Paris ! Pourquoi « Les Trois Idiots » ? Parce qu'Awesome a monté cette affaire avec deux de ses amis. Et qu'ils sont tous les trois fans du classique bollywoodien «The three idiots».

Calais, France - 15/05/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626861

Calais, France

Calais, France - 15/05/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626870

Moussa, 65 ans, né au Soudan. A l’écouter, Moussa donne l’impression d’avoir vécu plusieurs vies dans de nombreux pays. Il est né au Soudan. Il s’est installé il y a trois mois dans le camp dit « des containers », ce camp officiel qui jouxte la Jungle de Calais. Il se souvient qu'il a bien cru mourir sur ce bateau en perdition, en pleine nuit, au beau milieu de la Méditerranée, avec une centaine d'autres migrants. Il décrit l'arrivée des gardes côtes Italiens comme une seconde naissance : « j’ai vu la vie comme lorsque je suis sorti du ventre de ma mère ! ». Ses compatriotes l’ont désigné représentant de la communauté soudanaise de la Jungle et il souhaite que cette responsabilité lui permette de « changer la mentalité des Africains du camp », qui se disputent beaucoup trop à ses yeux. Aujourd’hui, Moussa aimerait apprendre le français et refaire sa vie ici.

Calais, France - 16/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626873

Calais, France

Calais, France - 16/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626901

Abdelraouf, a 40 ans. Il est né au Soudan dans l’État du Nil Bleu. Sa parents vivaient dans une maison ronde faite de branches et de chaume. Il se souvient des baignades dans le Nil, des champs de blé et des récoltes en famille. Abdelraouf dit qu'il était un enfant gâté et regrette cette époque où il n'y avait pas de barrière ni entre les maisons ni entre les gens. En 2013, il quitte le Soudant en guerre pour la Libye. Mais la guerre éclate aussi en Libye et le pousse à embarquer sur un bateau pneumatique pour deux jours de traversée vers l'Europe. Abdelraouf veut rejoindre l’Angleterre. Arrivé à Calais, alors qu'il pense acheter un billet de train pour se rendre à Londres, les autres migrants lui expliquent qu'il doit se cacher dans un camion. Abdelraouf refuse car il trouve ça trop humiliant. Depuis, il s'est fait un raison et a essayé de se cacher presque tous les jours depuis plus d'un ans. Mais aujourd'hui il est fatigué de se cacher, fatigué d'échouer, fatigué de la violence de certain policiers.

Calais, France - 13/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626894

Calais, France

Calais, France - 13/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626859

Ismael a le sourire de ceux qui viennent d'arriver à Calais. Le jeune homme de 18 ans vivait au Darfour dans un village près de Nyala. Il travaillait aux champs dans la ferme familiale. La guerre a poussé Ismael sur les routes de l'exil. Il a travaillé 6 mois en Libye pour se payer la traversé clandestine vers l'Europe. L'Italie puis l’Allemagne et enfin Calais où il vit dans la « jungle » depuis le mois d'octobre 2015. Ismael voudrait rester en France pour étudier. Il croit savoir qu'il y a beaucoup d'écoles à Lille. Il aime déjà cette ville sans la connaître vraiment. Il dit qu'il pourrait y poursuivre ses études pour apprendre un métier.

Calais, France - 14/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626863

Calais, France

Calais, France - 14/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626874

Hassan, 16 ans, Zolykha, 22 ans, Torgol, 50 ans, Zynab, 40 ans et Abulfarel, 23 ans. Les parents de Zolykha se font du souci pour leur fille qui refuse de porter le voile et n'en fait qu'à sa tête alors qu'ils ne sont que des réfugiés. Mais Zolykha revendique haut et fort sa liberté. Zolykha est Afghane née en Iran où sa famille avait fui la guerre contre l'URSS. C'est pour avoir des droits que Zolykha a voulu rejoindre l'Europe: le droit d’étudier, de conduire ou encore de s'habiller comme elle l'entend. Torgol, son père, était habitué à cette vie de réfugié en Ira, où il n'a jamais eu de droit. Mais pour ses enfants, il aspire à une autre vie et a vendu tout ce qu'il possédait pour partir vers l'Europe. Dans le camp de tentes de Katsikas, Zolykha ne se sent pas encore dans cette Europe dont elle rêve. Mais si « Mohammad Reza Pahlavi, le Chah d'Iran, a lui aussi vécu sous une tente quand il était réfugié, alors je peux attendre un peu »

Katsikas, Grèce - 29/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626878

Katsikas, Grèce.

Katsikas, Grèce - 08/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626883

Karwan, 31 ans et ses fils, Baran, 4 ans et Nishan, un an et demi. Karwan, sa femme et ses deux fils ont tenté de traverser la Méditerranée une première fois mais leur bateau est tombé en panne en pleine nuit dans une mer très agitée. L’embarcation a commencé à couler, Karwan a embrassé sa femme et ses enfants comme si c'était pour la dernière fois. Tout le monde criait ou pleurait à bord. Un des passagers a demandé de l'eau chaude pour le biberon de son fils. Les autres lui ont répondu qu'il n'en avait plus besoin puisque ils allaient tous mourir. Mais l'homme criait qu'il ne voulait pas que son fils meure en ayant faim. Cet événement a créé un débat sur le bateau et détendu l’atmosphère. A ce moment les gardes côtes sont arrivés pour les secourir.

Grande-Synthe, France - 18/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626885

Grande-Synthe, France

Grande-Synthe, France - 18/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626862

Abdallah était épicier à Nangarhâr. C’était donc naturel pour lui d’ouvrir une épicerie dans la Jungle de Calais. Il n'a aucune envie de quitter le camp. Son commerce fonctionne bien et ses amis sont ici. Sa dernière fille est née dans le camp. Elle s'appelle Arzou, espoir en Dari.

Calais, France - 16/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626864

Calais, France

Calais, France - 16/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626884

Barham, 31 ans L'unique siège du salon de Barham n'est jamais vide. Il coiffe en moyenne 25 personnes par jours. Mais seulement 5 ou 6 ont les moyens de lui payer les 5 euro. Il pratique aussi l’épilation des joues traditionnelle avec un fil et des français vienne le voir spécialement pour cela me dit-il fièrement. En ville, dit-il aussi, les salons de coiffure sont très beaux mais les coiffeurs ne savent pas couper les cheveux. Barham est arrivé il a 4 mois du Kurdistan Irakien et a ouvert son salon à l'entrée du camp de la Linière. Mais c'est au Royaume-Uni qu'il aimerait couper les cheveux.

Grande-Synthe, France - 19/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626887

Grande-Synthe, France

Grande-Synthe, France - 19/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626865

Fouad, 26 ans, originaire de Derah en Syrie. Fouad a tendu un grand drapeau britannique sur les parois de sa petite cabane dans la Jungle de Calais. Derah était pour lui « la plus belle ville du monde dans le plus beau des pays ». Fouad est arrivé à Calais il y a un an et a tenté la traversée de la Manche à de nombreuses reprises. Une fois, il a même cru y être arrivé ! Il avait réussi à se dissimuler dans la remorque d'un camion réfrigéré avec deux de ses amis. Les trois hommes ont passé les neuf heures du voyage dans le froid. Quand le chauffeur s'est enfin arrêté, ils ont sauté du camion et couru le plus vite possible avant de s’apercevoir qu'ils étaient arrivés … en Espagne !

Calais, France - 14/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626866

Calais, France

Calais, France - 14/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626876

Salima, 33 ans et Reza, 10 ans En Iran, les réfugiés Afghans doivent payer chaque année une taxe pour renouveler leur visa. Si ils n'en n'ont pas les moyens, les hommes ont la possibilité d'aller combattre au côté des troupes Iraniennes engagées en Syrie (alliées du régime de Bachar El Assad). Salima a 33 ans. Elle est Afghane réfugiée en Iran avec son mari et ses deux garçons de 10 et 12 ans. Le mari de Salima a disparu depuis plus de deux ans. Elle pense qu'il est peut-être mort en Syrie car il voulait s'engager pour payer leur visa. Son fils de 12 ans est parti pour l’Europe dans l'espoir de subvenir aux besoins de sa mère et de son petit frère. Sans aucunes nouvelles de son mari depuis deux ans, Salima a décidé de rejoindre son fils ainé en Europe.

Katsikas, Grèce - 29/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626877

Katsikas, Grèce.

Katsikas, Grèce - 08/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626886

Rebaz à 24 ans et quand il écoute le tube du chanteur Kurde Irakien Ali Miran il a le mal du pays. « Souleimaniye ne te manque-t-elle pas ? Ne veux-tu pas revenir ? Après tout ce temps tu ne reconnaitra pas ta ville ... ». Rebaz a quitté Souleimaniye et ses parents depuis trois ans. Ses demande d'asile lui ont été refusées en Grèce puis en Belgique mais il espère avoir plus de chance en Angleterre. Cette nuit il a tenté le passage. Les deux premier contrôles se sont bien passés mais au troisième il ont été repérés par les chiens de la police :« ils connaissent tout sauf nos prénoms ». Que conseille-t-il à ses camarades qui voudraient tenter le voyage pour l’Europe. Rebaz est las. Mais après 3 ans de voyage il ne peut plus renoncer.

Grande-Synthe, France - 15/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626889

Grande-Synthe, France

Grande-Synthe, France - 15/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626867

Ali, 18 ans, né au Koweit. La cabane d’Ali a l’air d’une chambre d'enfant. Un puzzle accroché au mur représente une belle demeure européenne. Ali est né au Koweit dans une famille bédouine. Il explique que les bédouins n'ont aucun droit dans ce pays ; même pas à la nationalité Koweitienne. Ali a toujours vécu sous une tente et cette cabane est sa première « maison ». Au Koweit sa tribu se déplaçait à dos de chameau. Pour rejoindre l'Europe, Ali a surmonté sa peur en prenant pour la première fois l'avion et le bateau. Le désert et ses couchers de soleil lui manquent. Il évoque ses souvenirs d’enfance avec nostalgie ; quand il gardait les moutons à cheval ou qu’il faisait des bonhommes de sable dans le désert après la pluie. Ali confie qu'il a un rêve, « un petit rêve » : travailler une année ou deux en Grande Bretagne pour pouvoir offrir un pèlerinage à la Mecque à sa mère malade.

Calais, France - 15/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626869

Calais, France

Calais, France - 15/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626879

Leal 7 ans, Yasmine 26 ans, Raïs, 18 mois, Maya, 9 ans et Hamza, 5 ans. Maya proteste. Elle dit qu’elle n'est pas heureuse ici, qu'elle voudrait retrouver son père, qu'elle préférait Homs où, au moins, elle avait une maison et ne dormait pas dans une tente. Yasmine à 26 ans et quatre enfants. Son mari était déjà en Allemagne depuis 8 mois quand les combats se sont rapproché de son quartier à Homs en Syrie. Yasmine a vendu leur maison et est partie vers l'Europe avec ses quatre enfants. Elle semble heureuse d'être arrivée jusqu'en Grèce, même si elle ne sait ni quand ni comment ses enfants retrouveront leur papa.

Katsikas, Grèce - 30/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626881

Katsikas, Grèce.

Katsikas, Grèce - 08/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626893

Fares à 23 ans. C'est un beau jeune homme très avenant. Il parle parfaitement anglais. Avec son tee-shirt Nike il ressemble à un jeune européen. Portant, quand Fares me parle de sa famille, il utilise naturellement le mot tribu. Pour moi, ce mot vient de loin. Fares est né au Koweit. Il y vivait avec ses parents et ses deux sœurs dans une maison de bois et de pierre. Lui et son père avaient construit le toit avec des branches. Aucun des membres de sa famille n'a pourtant la nationalité Koweïtienne. Car le Koweit n'a jamais reconnu sa tribu. Ils sont donc apatrides. C'est pour cette raison que son père à demandé l’asile politique en Angleterre en 2010. Fares, ses sœurs et leur maman sont allés vivre en Syrie. Il avait un bon travail comme responsable d'un hôtel. Mais la guerre a éclaté et ils ont été obligés de fuir la Syrie. Ils sont arrivés à Grande-Synthe il y onze mois. Ils vivaient ensemble dans cette cabane et dormaient dans ces quatre couvertures. La mère de Fares est tombée malade alors il l'a faite passer en Angleterre avec ses deux sœurs. Fares me dit que son enfance lui manque: la mer et l'espace. « Ici, la mer n'est pas loin mais je n'y vais jamais car j'ai peur de la police. En Angleterre je veux apprendre de nombreuses langues pour devenir interprète et permettre aux gens de se comprendre. »

Calais Grande-Synthe, France - 12/05/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626892

Grande-Synthe, France

Calais Grande-Synthe, France - 12/05/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626868

Hamdan, soudanais. Il est sourd et muet. La communication est difficile même avec ses compatriotes. D’habitude, il utilise un logiciel de traduction sur son téléphone portable mais aujourd'hui, son crédit est épuisé. Il lui reste un gros dictionnaire Français-Arabe. Sur un carnet, Hamdan choisit de dessiner son autoportrait.

Calais, France - 17/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626871

Calais, France

Calais, France - 17/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626880

Abas, 32 ans, Melina, 1 mois et Soad, 28 ans, originaires du Kurdistan irakien. Abas et Soad sont Kurdes. Ils ont fui la guerre en Irak et espéraient arriver en Grande Bretagne avant la naissance de Melina. Mais le couple est tombé sur des passeurs malhonnêtes qui ont pris toutes leurs économies sans jamais les fait passer. Depuis plus d'un an, Abas et Soad sont bloqués sans argent à Grande-Synthe mais ils tentent de passer malgré tout. Soad a accouché à Dunkerque et des volontaires leur ont offert un berceau. Abas espére qu'avec le Brexit, le gouvernement britannique autorisera les migrants à traverser la Manche.

Grande-Synthe, France - 15/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0628532

Grande-Synthe, France

Grande-Synthe, France - 15/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0626895

El Hatib, 68 ans, berger dans un village proche de Mossoul, en Irak. La région où vivait El Habib est aujourd'hui contrôlé par le groupe Etat Islamique. En 1974, il a participé à un concours international de berger organisé en Irak. Il a obtenu la seconde place. Le gagnant était un berger anglais. Il pense donc que la Grande Bretagne est un bon pays pour garder les moutons. El Hatib a déjà fait passer les sept membres de sa famille de l'autre côté de la Manche. Sa femme est même passée « en garantie », un tarif où le passeur assure l'arrivée à destination. Maintenant El Hatib voudrait bien passer lui aussi, car sa fille l'attend de l'autre côté pour célébrer son mariage.

Grande-Synthe, France - 15/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0627535

Grande-Synthe, France

Grande-Synthe, France - 17/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0627537

Rebwar, 27 ans, originaire du Kurdistan irakien. Rebwar a quitté le Kurdistan Irakien il y a 12 ans. Il s'est fait tatouer un S sur le bras; la première lettre du prénom de sa mère Sara qu'il n'a pas vu depuis 12 ans. Ce S, il ne risque pas de le perdre comme les photographies qu'il avait emportées avec lui. Rebwar a vécu 10 ans en Grèce, il y travaillait sur des chantiers. La crise économique l’a poussé à nouveau sur les routes. Nouvel objectif : la Grande Bretagne. Il voudrait y ouvrir un restaurant. Mais en attendant, Rebwar confectionne des kebabs dans sa petite boutique du camp de la Linière où il vit depuis neuf mois.

Grande-Synthe, France - 18/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0627539

Grande-Synthe, France

Grande-Synthe, France - 18/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0627536

Saman, 26 ans, originaire du Kurdistan irakien. D’ordinaire souriant et très avenant, Saman est silencieux aujourd’hui, et son regard est vide. La veille, avec d'autres migrants, ils ont quitté le camp de la Linière vers 2 heures du matin pour prendre un bus qui les a déposés sur une aire d'autoroute contrôlée par des passeurs. Ils ont attendu accroupis dans les buissons que les passeurs leur désignent un camion et leur ouvrent les portes. Ils sont montés à 8 dans une remorque. Le camion est parti se garer ailleurs. Là, ils ont attendu 13 heures, et puis le camion est parti se garer sur un autre parking. Le chauffeur leur a alors crié de descendre. Il était 15 heures. C’était la 48ème tentative de Saman depuis qu'il est arrivé à Grande-Synthe, il y dix mois. Saman montre les clefs de la maison qu'il habitait avec ses parents. Il n'a pas eu le temps de leur dire au revoir. Il rêve d'y revenir un jour et d'ouvrir la porte avec ces clefs.

Grande-Synthe, France - 18/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0627538

Grande-Synthe, France

Grande-Synthe, France - 18/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0628533

Ali, 37 ans, Sheerine, 28 ans et Soheil, 9 ans. Sheerine me dit que son fils n'aimait plus aller à l'école en Iran. Que c'est pour son éducation qu'ils ont vendu leurs biens et pris la route de l'Europe. Ali me montre fièrement le beau cartable que Soheil utilise pour aller à l'école du camp de Linière. La famille a mis une année entière pour arriver jusqu'ici en passant par la Turquie, la Grèce, la Macédoine, la Hongrie et l'Italie. Ils essaient de passer 3 fois pas semaines depuis 10 mois. Mais l’Angleterre, toute proche, reste encore inaccessible.

Grande-Synthe, France - 07/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0628534

Grande-Synthe, France

Grande-Synthe, France - 07/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0628536

Naef, 28 ans, Katrin 1 an et demi, Maran, 9 ans, Zina, 26 ans et Manal, 7 ans, Yézidis du nord de l’Irak. Naef et sa famille sont Yézidis. Ils vivaient dans le Sinjar, une province du nord de l'Irak, lorsque le groupe Etat Islamique a pris le contrôle de la région en août 2014 et massacré une partie de la population. La famille a d’abord trouvé refuge dans le camp de Dohuk, au nord de Mossoul, avant de prendre le chemin de l'Europe. Karam, leur fils âgé de 5 ans, a pu rejoindre l'Allemagne avec sa grand-mère. Mais avec la fermeture des frontières intérieures de l'Europe, Naef, Zina et leurs trois filles sont désormais coincés en Grèce dans le camp de Katsikas. Maran réclame son petit frère et sa grand-mère qu'elle n'a pas vus depuis plus d'an an. Tout lui manque : ses amies, l'école « et en plus la nourriture est mauvaise dans le camp ».

Katsikas, Grèce - 28/06/2016

Pour Médecins Sans Frontières France

 

Bruno Fert / Médecins Sans Frontières / Picturetank FEB0628537

Katsikas, Grèce.

Katsikas, Grèce - 08/07/2016

Pour Médecins Sans Frontières France



top