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The Innu of Quebec


Franco Zecchin

Les Innu sont des autochtones chasseurs-cueilleurs de la fôret subarctique du Québec-Labrador. Ils forment actuellement une population d'environ 10.000 individus répartis en douze villages situés dans le nord-est du Canada. Sedentarisée depuis quelques décennies, cette population poursuit encore, en grande partie, des activités traditionnelles. La chasse et la pêche revêtent beaucoup plus d'importance économique et culturelle que la cueillette des végétaux. La plupart des Innu parlent encore leur langue maternelle et utilisent le français comme langue seconde. Le vocabulaire de la langue Innu reflète les moeurs et le style de vie en fôret, mais il a su aussi s'adapter aux activités modernes et les décrire. Si les cultures autochtones de ces région subarctique témoignent de formidables capacités d'adaptation, c'est d'abord grâce à des formes d'organisations sociales, malgré les apparences, extraordinairement subtiles. D'un point de vue écologique, le milieu subarctique est pauvre et peu diversifié; il offre peu de ressources à ses occupants alors que le froid et son corollaire saisonnier - un court été infesté de moustiques - multiplient les contraintes. Outre la nécessité alimentaire, il faut se vêtir, s'abriter et se déplacer. Pour faire face a ces contraintes les Innu utilisaient toutes les ressources disponibles. Etant entendu que le bois abonde, les ressources cruciales appartiennent au règne animal: cervidés - élans ou caribous -, poissons, lièvres variables, et castors, auxquels s'ajoute le gibier acquatique durant la belle saison. Or, à chacune de ces ressources correspondent des techniques de prédation distinctes, la chasse, le piégeage et la pêche, autant de techniques souvent inconciliables au même point de l'espace et au même moment de l'année. Aussi les Innu, comme la majorité des peuples de chasseurs-cueilleurs, étaient-ils bien essentiellement des nomades. Nous leur devons l'invention des raquettes et d'un type d'embarcations légères et fiables, les fameux canoës canadiens. Ils pouvaient ainsi parcourir, parfois sur des distances considérables, des territoires soit enneigés et englacés, soit littéralement criblés de lacs et entrecoupés de cours d'eau. Ce sont les accomplissements techniques de ces Indiens pour se déplacer, c'est-à-dire maîtriser l'immensité de leurs territoires, qui traduisent le mieux une parfaite adéquation entre un environnement naturel donné et une culture matérielle: l'été, le canot en écorce qui, grâce aux portages, permet de se déplacer en toute liberté dans une nature largement amphibie et l'hiver, l'association des mocassins et des raquettes à neige qui, outre une liberté de mouvement encore supérieure à celle de l'été, conférait aux chasseurs un avantage souvent déterminant sur leur gibier. Leur circulation à travers l'espace suivait un cycle annuel. Elle répondait à des stratégies fondées d'une part sur une connaissance intime de l'environnement naturel et de l'état de ses ressources, d'autre part sur une analyse de la situation sociologique, c'est-à-dire de la composition et des rapports entre les diverses unités sociales qui se partagent le territoire. Les Innu vivaient en petits groupes familiaux à l'intérieur des terres pendant les longs mois d'hiver. Il se regroupaient en communautés plus large au printemps, principalement à l'embouchure de rivières importantes ou des grands plans d'eau intérieurs. Ainsi, la période estivale favorisait l'éclosion d'une vie sociale plus intense, l'organisation de festivités et de cérémonies à caractère spirituel et religieux et se prêtait bien aux mariages inter-groupes. La composition et la dimension des groupes ne comportaient pas de règles strictes bien que, généralement, les alliances et les liens de parenté les déter¬minaient. Ils pouvaient, à l'occasion des regroupements, choisir un chef sur la base du prestige d'un meneur, jugé d'après ses qualités personnelles telles son habileté de chasseur, sa sagesse ou sa capacité de communiquer avec les esprits des animaux. Les tâches étaient plus ou moins réparties selon l'appartenance à un sexe ou à l'outre. Ainsi, les hommes s'occupaient ordinairement de la chasse du gros gibier, de la planification des voyages et des déplacements, de la construction du campement, du troc et de la fabrication de certains outils, des pièges et des équipements perfectionnés comme le canot, les fûts de raquettes, les avirons, etc. Les femmes s'occupaient ordinairement de l'aménagement du campement, de la chasse, de la pêche et de la trappe près du campement, du tressage des raquettes, de la fabrication et de l'entretien des vêtements et des tentes, de la cueillette des fruits sauvages et des herbes médicinales et de l'éducation des jeunes enfants. Les femmes demeuraient plutôt au campement; elles prenaient soin des aînés et entretenaient le feu et la réserve de bois de chauffage. Les connaissances étaient léguées de père en fils et de mère en fille. Les Innu vénèrent la fôret génératrice de toutes le sources de vie. L'omniprésence des forces spirituelles ainsi qu'une âme propre à chaque chose et à chaque espèce, de même que la place essentielle de chacun, y compris les humains, dans le cercle du cosmos, favorisaient le respect de chacun de ces éléments, l'équilibre de l'écosystéme de même que la prière et la communion parfaite avec l'univers. La vieillesse passait pour honneur et la mort menait l'esprit dans les riches régions où maladie et tristesse n'existaient plus. Les âmes des morts continuaient à vivre dans l'audelà comme elles avaient vécu sur terre, mais bienheureuses et débarrassées des soucis des vivants. Plusieurs Innu d'aujourd'hui demeurent profondément imbus de la mystique traditionnelle et respectueux de l'éthique spirituelle de leurs ancêtres. La plupart sont aussi des catholiques très fervents. Les Innu se transmettent oralement les récits qui racontent leurs expéditions, la vie de leur famille ou du clan auquel ils appartiennent et l'histoire de leur nation. Aujourd'hui nous pouvons observer dans la côte nord du Québec, comme partout à travers le Subarctique canadien, le conséquences de ce processus qui détruit aux quatre coins de la planète les sociétés traditionelles - processus rendu ici encore plus fulgurant qu'ailleurs a cause de la puissance économique de la société nord-américaine. Ces populations se voient aujourd'hui grandement affectées par la "civilisation" bien qu'un pareil processus soit d'origine relative récente; il date des années quarante à partir desquelles, grâce au "miracle" de l'aviation, l'ensemble de l'immensité canadienne devient aisément accessible. Le gouvernement fédéral, qui peut désormais envoyer ses fonctionnaires partout, commence alors à intervenir auprès des groupes indiens de l'interieur. Il implante des stations sanitaires puis des écoles qui ont pour conséquences, outre une modification du "niveau de vie" des Innu, un fort accroisement démographique et une sédentarisation accéleré. La fragile équilibre entre productivité du milieu naturel et densité humaine est irrémédiablement rompu et nous sommes entrés dans l'ére d'une relation d'assistance et de dépendance liant les autochtones et le gouvernement fédéral. Dans les années 1950-1960, le développement rapide des ressources minières, forestières et hydroèlectriques de la côte nord et de son arrière-pays fut accompagné d'une sédentarisation des derniers groupes de chasseurs nomades de cette région du Québec. Les Innu devinrent de plus en plus dépendants d'un système étranger, contraints donc, malgré eux, de participer à ce système: école obligatoire, assistance aux offices religieux, inclusion dans une économie monétaire, etc. Dans le même temps se trouvaient érodées les valeurs traditionnels, la destruction de l'environnement mettant un frein à la pratique des activités ancestrales: chasse, pêche et piégeage. Du coup, c'est toute l'organisation socio-familiale qui s'en trouvait perturbée et ainsi de suite. La volonté des autorités coloniales d'inclure les peuples autochtones dans le système capitaliste en en faisant des ouvriers s'est heurtée à des propres contradictions sous la forme d'une récession économique qui à amené la fermeture d'un grand nombre d'entreprises. La vie des Innu a beaucoup changé depuis une quarantaine d'années. L'école, la télévision et la radio ont contribué à transformer leur société traditionnelle. Aujourd'hui, les parents s'efforcent de transmettre leur identité autochtone tout en adoptant un mode de vie différent, sans pour autant renier leurs origines. Mais la famille n'est plus la cellule vivante et intégrante qu'elle était traditionnellement, non seulement parce qu'elle est plus petite qu'autrefois et moins autosuffisante sur le plan économique, mais parce qu'elle ne sait plus quel rôle lui revient, tellement de fonctions étant maintenant assignées à des organismes spécialisés. Souvent, l'amour et le soutien fraternels y ont disparu au profit de l'indifférence et même de la jalousie. Face aux situations nouvelles auxquelles se heurtent leurs adolescents, les parents se sentent souvent démunis, incertains quant aux attitudes qu'ils devraient adopter et aux règles qu'ils devraient établir. Le manque de communication qui s'ensuit provient aussi de cette sorte de gêne, voire de mépris, historiquement encouragé par le contenu des manuels scolaires prescrits, qu'entretiennent les adolescents autochtones "aux études" à l'égard des valeurs dont leur famille est porteuse. Chez les jeunes et les adolescents, l'oisiveté est vue comme une cause importante d'activités illicites ou anormales dont la répétition peut créer des dépendances qui deviendront plus tard irréversibles, celles de l'alcool et des drogues par exemple. Ces activités, qui répondent parfois à des "modes du moment", sont aussi encouragées par l'insuffisance de loisirs organisés, spécialement dans les petites communautés, qui ne sont pas dotées des infrastructures nécessaires. Chez les adultes, l'oisiveté c'est essentiellement l'absence de travail. Elle entraîne un sentiment d'inutilité, la perte de confiance en soi, la jalousie à l'égard de ceux qui travaillent, et elle conduit souvent à la consommation abusive de l'alcool et aux toxicomanies. Ce n'est pas qu'à l'intérieur de la famille que les liens de solidarité se relâchent ou se brisent. Dans biens des cas, le phénomène s'étend en bonne partie à la communauté dans son ensemble, parfois pour des raisons en apparence politiques, parfois aussi par indifférence à l'égard du développement harmonieux de la communauté. On peut parler d'une problématique de la santé mentale particulière aux Autochtones. L'alcoolisme, la toxicomanie, la violence conjugale, l'inceste, les agressions et abus sexuels, le dysfonctionnement de la famille, les suicides ou parasuicides sont à la fois des conséquences et des causes de détérioration de la santé mentale. A l'origine des problèmes ou de l'aggravation des problèmes on retrouve les effets du processus de colonisation imposé il y a 125 ans aux Amérindiens du Québec, comme à ceux du Canada. Ce processus visait essentiellement et délibérément à leur faire troquer leurs valeurs éducatives et spirituelles, ainsi que leurs normes socioculturelles, économiques et administratives - toutes fondamentalement axées sur la vie et l'harmonie communautaires - contre celles de la société globale ambiante, essentiellement axée sur la confrontation et le succès individuel. L'imposition de ce processus s'est faite, entre autres, par la création de réserves dans le but de sédentariser et d'endoctriner les Amérindiens avant de pouvoir les accueillir, culturellement "blanchis", au sein de la société globale. Il en est graduellement résulté chez plusieurs, et dans bon nombre de communautés autochtones, un sentiment graduel de relative inutilité avec la disparition des rôles indispensables traditionnellement assumés à l'intérieur de la famille. Par exemple, dans le cas de l'homme, l'un des rôles héréditaires incontournables qu'est celui de pourvoyeur de la famille à été graduellement replacé par une contribution reçue directement de l'Etat sous forme d'assistance sociale ou d'autres paiements de transfert. Pour ce qui est la femme, les rôles qu'elle remplissait dans l'éducation et la transmission des valeurs traditionelles ont été pour la plupart cédés à l'école et à des institutions dont la philosophie et le fonctionnement lui étaient étrangers; ni elle-même ni la communauté n'avaient prise sur ces institutions qui avaient pour mission de remplacer les valeurs traditionelles autochtones par celles des sociétés ambiantes. Quant aux enfants, ballottés entre deux mondes et subissant de plus en plus l'influence aliénante d'une société qui les extrayait de leur identité culturelle et les détachait de leur famille pour mieux les assimiler, ils se sont bien souvent retrouvés confus, à se demander s'ils devaient accepter l'invitation pressante à l'assimilation ou s'il leur était possible de conserver l'essentiel de leur identité tout en intégrant les valeurs venues d'ailleurs qui leur paraissaient utiles. L'invitation pressante faite aux jeunes générations de renoncer en quelque sorte à leur identité propre pour en adopter une nouvelle est maintenant contrecarrée dans une certaine mesure par le réveil qui s'est opéré depuis quelques décennies dans les milieux autochtones du Québec; de plus en plus de jeunes ayant accédé à des postes de commande dans leur milieu s'emploient à retrouver et à affirmer la confiance en soi et la fierté qui caractérisaient leurs ancêtres. Mais, on n'efface pas facilement les effets aliénants d'une politique colonisatrice plus que centenaire en vertu de laquelle les individus et les communautés autochtones ont été systématiquement écartés des décisions les concernant. Surtout, il n'est pas facile à la famille autochtone devenue dysfonctionnelle de retrouver sa cohésion et de définir son rôle dans une société en évolution. Les Innu ont appris progressivement à reconstruire l'équilibre social et culturel de leurs communautés tout en adoptant des pratiques nouvelles. Progressivement aussi ils ont pris en mains certaines de leurs nouvelles institutions: conseil de bande et administration locale, écoles, services so¬ciaux, etc. La lutte que mènent les Indiens du Subarctique pour la survie de leur identité comporte deux fronts: d'une part, celui d'une reconnaissance constitutionnelle allant de pair avec une volonté d'autonomie; d'autre part, un front moins spectaculaire mais aussi important sinon plus, à savoir un combat de tous les jours contre le sous-développement économique des communautés, synonyme de dépendance vis-à-vis de l'extérieur. Sur ces deux fronts, les activités de chasse (et la pêche) traditionnelles constituent un enjeu primordial, non seulement comme activité productive objective mais également comme arme politique. D'un côté, ces activités permettent en effet aux Indiens de se nourrir, serait-ce partiellement, et de dégager un surplus monétaire, certes modeste mais pour lequel ils n'ont nul besoin de faire appel à des capitaux extérieurs. D'un autre côté, en chassant, les Indiens continuent à exercer concrètement une emprise sur leurs territoires traditionnels. Cet aspect est d'autant plus important qu'en exploitant les ressources cynégétiques de leurs territoires, les Indiens usent du seul droit sur eux que les traités avec les Blancs leur ont laissé. A l'heure actuelle et à la suite d'une période d'organisation et de militantisme, les représentants indiens discutent avec le gouvernement la question de leur autodétermination. Entre-temps, nombre d'autres continuent d'affronter une nature hostile pour traquer l'élan, harponner l'esturgeon ou poser des pièges à castors. Ce faisant, ils empruntent une fois encore les multiples itinéraires que depuis des générations leurs ancêtres ont tracé à travers l'immense forêt. Les Innu ont fait la preuve qu'au XXe siècle un mode de vie fondé sur la chasse, la pêche et un semi-nomadisme saisonnier est, tout simplement possible , et même souhaitable puisque répondant mieux aux aspirations profondes des communautés.
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Franco Zecchin / Picturetank ZEF0029902

Schefferville reserve, Quebec, 1995. The hunt pause. If anciently the bow and the arrows, the lance, the corral and the noose were currently used to kill the caribou, today it is essentially utilized the gun.

Schefferville, Quebec, Canada - 10/10/1995

 

Franco Zecchin / Picturetank ZEF0252203

Mingan, Quebec, 1995. The traditional roles that aboriginals once fulfilled to ensure their individual and community economic, cultural, and spiritual survival were discarded with imposed sedentarisation within territorial enclaves, the administration and organisation of which were long alien to them and governed from outside; these enclaves, in many cases, are too small to serve today as bases for economic development.

Mingan, Quebec, Canada - 00/00/1995

 

Franco Zecchin / Picturetank ZEF0252324

The Innu of Quebec. Schefferville, 1995. The tewigan is speaking. The imposed acculturation was relatively unsuccessful in terms of its objective of rapid cultural assimilation; many young aboriginals in Quebec, who had long felt embarrassed by their cultural origins, have in recent years been reappropriating their fundamental traditional values, including those concerning spirituality, the role of the elders, the earth, language, and family and community solidarity.

Schefferville, Quebec, Canada - 10/10/1995

 

Franco Zecchin / Picturetank ZEF0252222

The Innu of Quebec. Mingan reserve, 1995. Family under the tent, near the Manitou river..The aboriginal family is no longer the vibrant, integrated unit that it was traditionally, not only because it is smaller and less economically self-sufficient, but also because its role is no longer clearly defined since many family functions are now assigned to specialized institutions.

Mingan, Quebec, Canada - 10/10/1995

 

Franco Zecchin / Picturetank ZEF0252243

Mingan, Quebec, 1995. The waiting. Idleness among adults is essentially caused by lack of work, giving rise to feelings of uselessness, loss of self-confidence, and jealousy toward those who work, and it is often an inducement to alcohol and drug abuse and addiction.

Mingan, Quebec, Canada - 00/00/1995

 

Franco Zecchin / Picturetank ZEF0252275

The Innu of Quebec. Mingan, 1995. A castor skin is stretched out to dry. Used as exchange money, for the manufacture of clothes and main food, the castor was, and still it is, object of intensive hunt..

Mingan, Quebec, Canada - 10/10/1995

 

Franco Zecchin / Picturetank ZEF0252320

The Innu of Quebec. Mingan, 1995. Children playing. Since about forty years, the Innu life has much changed. School, radio and television have contributed to transform their traditional society. Today, parents are striving to transmit their autochthonal identity, while they are adopting different ways of life, without disown their origins.

Mingan, Quebec, Canada - 10/10/1995

 

Franco Zecchin / Picturetank ZEF0252289

The Innu of Quebec. Mingan, 1995. A family into a car. In the North of Quebec, like through the whole sub-arctic Canada, today we can see the consequences of the assimilation process that destroys the traditional societies everywhere in the planet. This process is here more impressive because of the economical power of North-American society.

Mingan, Quebec, Canada - 10/10/1995

 

Franco Zecchin / Picturetank ZEF0252295

The Innu of Quebec. Mingan, 1995. Mother and daughter. Traditionally, women took care of the ordinary camp management, of hunting, fishing, trapping near the camp, of snowshoes intertwining; they attend to the manufacture and the maintenance of tents and clothes, to the gathering of savage fruits and medical herbs, and to the education of young children..

Mingan, Quebec, Canada - 10/10/1995

 

Franco Zecchin / Picturetank ZEF0029901

Mingan reserve, Tewigan lake. Quebec, 1995. Plane transport. Once, it needed many weeks of travel by canoe to reach the hunt territory. However, the Innu populations are today very damaged by the “civilisation”, although this process has relatively recent origin; it dates from the forty, when the ensemble of Canadian immensity become easily accessible thanks to the aviation “miracle”.

Mingan, Quebec, Canada - 10/10/1995

 

Franco Zecchin / Picturetank ZEF0252318

The Innu of Quebec. Mingan, 1995. The reserve graveyard. The most visible problems related to mental health in aboriginal milieux are suicide and attempted suicide, alcoholism, drug abuse, conjugal violence, sexual assault and abuse, and family dysfunction. These problems are often found within tragic and painful situations, they are rooted in a context of environmental and social deterioration that history and external pressures are imposing on aboriginals and their communities..

Mingan, Quebec, Canada - 10/10/1995

 

Franco Zecchin / Picturetank ZEF0252319

The Innu of Quebec. Mingan, 1995. Loving couple. The Innu struggle for the survive of their identity is articulated on two fronts: the constitutional acknowledgement connected with their autonomy will, and the everyday fight against economical underdevelopment of communities, synonym of dependence from outside..

Mingan, Quebec, Canada - 10/10/1995

 

Franco Zecchin / Picturetank ZEF0252322

Mingan, Quebec, 1995. A party at the community centre. The colonisation process imposed 125 years ago on Amerindians in Quebec, as well as on those in the rest of Canada, was deliberately aimed at convincing them to give up their spiritual and educative values and their social, cultural, economic, and administrative norms, all based on community life and harmony, and adopt the values of the surrounding global society, based on confrontation and individual ambitions.

Mingan, Quebec, Canada - 00/00/1995

 

Franco Zecchin / Picturetank ZEF0252323

Schefferville reserve, Quebec, 1995. Improvised dance to the fire. The Innu venerate the forest generator of all life sources. They believe in the presence of spiritual forces everywhere, in the soul of everything and every species, and in the essential place of everyone into the cosmic circle, humans included. All these beliefs encourage the respect for each element, and for the environment balance, as well as they favour the prayer and the perfect communion with the universe.

Schefferville, Quebec, Canada - 00/00/0000

 

Franco Zecchin / Picturetank ZEF0252321

The Innu of Quebec. Schefferville, 1995. Kanatamat public school. Children and teenagers, squeezed between two worlds, were submitted to the increasingly alienating influence of a society that encouraged them to forget their cultural identity and took them away from their families in order to assimilate them better.

Schefferville, Quebec, Canada - 10/10/1995



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